À ton nom.

À ton nom.
Tu sais ce que c'est Toi la solitude ? Tu sais ce que c'est ? La solitude, celle du hasard, Tu sais bien la solitude, celle dans laquelle on se noie à petit feu, comme une drogue dans le sang, celle qui vous arrache au néant et qu'on ose appeler la vie, celle qui fait qu'on doit bien couper le cordon, la solitude de l'orphelin qu'on trimballe de foyer en foyer et qui sait plus son nom, celle de celui qu'on appelle gosse de riches et qui passe ses nuits entières à mouiller ses draps parce qu'il a oublié si ses parents étaient morts ou en voyage, celle de Poil de Carotte qui se prend des cailloux à chaque récréation, celle de celle qui, une fois donné l'Infini, se retrouve seule le ventre vide, celle des deux amoureux qui ne le sont plus, celle de ceux que les parents s'échangent de week-end en week-end sur une place de parking, celle du père qui marie sa fille, celle de ceux qui voient leur vie perdue à trop avoir voulu la gagner, et celle de celui à qui on a volé le toit pour offrir la rue. Tu la connais Toi ? Non, Toi Tu fais semblant, non, Toi T'écoutes, plein de Ta foutue sagesse, les pauvres gens comme moi qui, épris d'on se sait quelle nostalgie, Te parlent encore. La solitude c'est cette pute de vie qui vous croise un matin, vous baise toute la nuit, puis vous fait payer le prix du voyage par le retour à la case départ, le néant. Qui a demandé à avoir faim? Qui a demandé à hurler à l'agonie de jour en jour un peu plus comme un poisson le ventre à l'air? Personne. Voilà donc un don du ciel ! Tu sais, Toi qui fais construire des églises, des mosquées, des temples... Tu sais, Toi la perfection, Toi le Bien Incarné, Tu poiurrais réfléchir parfois. De tout façon Tu comprends rien, T'es nul, j'en ai marre de Te parler tous les jours, Tu T'en fous, pauvre égoïste. Après tant d'années à Te parler du matin au soir, Tu sais toujours pas aligner trois mots. Fais attention ! Un jour je ne serai plus là et Toi Tu seras tout seul. Faudra pas pleurer parce que sans moi T'es rien tu sais. Je le jure, un jour je partirai et quand je partirai, Tu verras la solitude.

# Postato giovedì 10 dicembre 2009 12:41

L'Enfer, c'est quand tu peux plus voir les gens que t'aimes... Tout le reste ça compte pas...

L'Enfer, c'est quand tu peux plus voir les gens que t'aimes... Tout le reste ça compte pas...
« Tu t'es pris un d'ces trucs en pleine tête ! »

# Postato sabato 14 novembre 2009 13:43

Une histoire de blouson.

Une histoire de blouson.
Paye ta soirée ringarde, j'traine mon moral dans mes chaussettes oranges. Je soigne mon désespoir comme je soigne ma fringale, je pense à rien, je mange. Et puis, classique, y a ce beau brun accoudé au comptoir qui lance un regard circulaire. Il s'accroche à mes yeux, j'fais semblant de pas l'voir, j'existe sans en avoir l'air. Il s'approche de ma table, pour me demander l'heure. J'lui dis que j'ai du pommer mon portable le jour où j'ai perdu mon c½ur. Parce que, oui, aujourd'hui plus personne n'a de montre; on matte l'heure sur son portable, parce que même les beaux bruns d'aujourd'hui n'ont pas honte de s'asseoir à votre table. Ca fait cliché, ça fait con, arlequin rouge passion, tout un monde d'évasion qui bave à l'impression. Un sourire sur les lèvres goguenard il me jette un « bad evening poupée ? » , je lui réponds « the worth » en secouant la tête avec un air vaguement blasé. Et alors il me dit qu'en regardant mon assiette on peut savoir qui je suis. Qu'à la façon dont j'ai mis sur l'rebord mes courgettes je dois vraiment aimer la vie ! Je précise que ma vie n'a rien de palpitant, si les courgettes me font pas envie c'est qu'elles sont froides depuis longtemps. Parce que, oui, aujourd'hui pour draguer c'est bien mieux de parler en anglais, de sortir des trucs de philo d'un goût douteux que personne comprend jamais... Ca fait cliché, ça fait con, arlequin rouge passion, tout un monde d'évasion qui bave à l'impression. Mon beau brun qui sait surement pleurer et rire au rythme des contes de fées, me demande, curiosité à assouvir, de qui je suis la dulcinée. J'préfère ne pas répondre si j'dis que j'ai pas de copain il m'dira " Quoi ? Une fille comme toi ?! " et si j'me ravise et lui avoue que j'en ai un, ben il est pas jaloux comme gars... Il me demande si je fume histoire d'aller dehors, alors on sort s'en griller une, vite refroidis par le vent du nord. Monsieur le magnanime ôte alors son blouson, et m'le met sur les épaules. Et c'est là que j'lui sors mon refrain sur les clichés cons et lui à fond dans son rôle me dit : « plus c'est cliché plus c'est bon, t'es la fille et moi l'garçon ». Plus c'est cliché plus c'est bon. J'ai enfilé l'blouson...

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# Postato venerdì 09 ottobre 2009 14:21

Modificato domenica 15 novembre 2009 14:43